Nouveau Départ

Expat à Barcelone

Mon compte Instagram déborde de photos de palmiers, de la plage, du fabuleux quartier d’El Born, de la Barceloneta, de la Sagrada Familia et bien d’autres, on l’aura deviné je suis partie vivre à Barcelone. Depuis que j’ai commencé mes études il y 5 ans (rien que de le dire je trouve ça effrayant), je me suis toujours dit que je vivrai un jour à l’étranger. Une fois diplômée, j’ai eu la chance de trouver un travail très rapidement, dans une ville absolument incroyable à tous points de vue. Je n’y étais jamais allée, je n’y connaissais personne. En dix jours, j’ai dû préparer ma valise et dire au revoir à mes proches. Me voilà donc pour la première fois munie d’un aller simple vers Barcelone.

Should I stay or should I go

C’est un peu la question que je me suis posée matins et soirs les deux premières semaines. Ayant dû partir rapidement, j’ai séjourné dans un Airbnb les deux premières semaines. Je suis arrivée enchantée, excitée et stressée à la fois car je savais que quelques démarches administratives m’attendaient. Si ce n’était que ça… En tant que résidente européenne, pas besoin de VISA mais besoin d’un NIE (Numéro d’Identification à l’Etranger) nécessaire pour avoir un contrat de travail, louer un appart, ouvrir un compte en banque, etc. Cette démarche s’est révélée très facile pour moi, contrairement à d’autres pour qui cela s’est avéré être un parcours du combattant. Deux jours après mon arrivée, je commençais mon nouveau travail. Toute excitée, on ne réalise pas trop les premiers temps que l’on est pas stagiaire, mais que c’est un « vrai » travail. C’est difficile. Beaucoup de choses à accumuler en peu de temps, des exigences assez élevées, des horaires difficiles, je commence à douter. Mon parcours du combattant est arrivé quelques jours après, celui de trouver mon chez moi. Barcelone est une ville très chère. Etant partie très vite je n’avais pas pris le temps de me pencher sur les loyers, mais j’ai tout de suite compris que la collocation serait inévitable, ce qui n’a déjà pas été facile à encaisser. Une autre chose à savoir, il est plus facile de trouver un job ici qu’un logement. Ca fait sourire, mais c’est vrai. J’ai passé trois jours entiers à répondre à des annonces, à passer des coups de fils, à attendre sans aucune réponse. Deux petits messages seulement pour me proposer de visiter une toute petite chambre loin de tout pour un prix exorbitant. Là, je me voyais déjà rentrer. Je ne voyais pas l’intérêt de me battre pour quelque chose qui serait surement plus facile dans mon pays. Un jour où j’étais vraiment démoralisée (il me restait 3 jours dans mon Airbnb), par le plus grand des hasards, je suis tombée sur une annonce franchement postée sur Facebook, à laquelle j’ai répondu rapidement. J’ai visité dans la journée, j’ai eu une réponse positive le soir même. SOULAGEMENT.

Je reste, et si ça ne me plait pas je pars

C’était mon credo des jours suivant mon installation dans mon chez moi. J’ai eu la chance de tomber sur deux colocataires hyper sympas. Au travail, les premières semaines sont vraiment difficiles. Je fais des très longues journées qui commencent à 9h et qui se terminent rarement avant 19h30-20h, sans pause. On attend beaucoup de moi en peu de temps, et je me demande vraiment si c’est ce qui me plait, si c’est que je veux. Ce n’est pas le bout du monde, moins de deux heures de vol de Paris on pourrait se dire, mais c’est un pays différent, une langue différente, un nouvel atmosphère. Je suis la seule française de l’entreprise. Je me suis même dit un jour, je termine au moins ma période d’essai et je rentre. J’y pense énormément, mais je ne peux m’empêcher de penser que je n’ai pas fait tout cela pour rien, et je me fait violence pour m’adapter

Petit à petit je prend mes marques, je commence à mieux connaitre mes collègues et maitriser mon travail, pour finalement me dire au bout de trois mois que je suis entièrement indépendante. Ce qui me semblait impossible au début me semble aller comme sur des roulettes aujourd’hui. On me donne des responsabilités, on me fait confiance, et j’y prend un plaisir fou.

J’ai étudié l’espagnol pendant 11 ans, mais l’ayant peu pratiqué par la suite j’avais perdu le réflexe de parler régulièrement. Au début, j’ai un vrai blocage, impossible de parler espagnol, je me réfugie systématiquement dans l’anglais. Barcelone étant une ville très touristique, tous les commerçants parlent anglais. Y compris avec mes collègues. Un jour, sur un coup de tête, voyant que tous mes collègues faisaient l’effort de parler anglais avec moi, ou même de tenter un peu de français pour ceux qui ne le parlent pas du tout, je décide moi aussi de faire un effort et de parler espagnol. Avec certains seulement. C’est difficile, on a peur d’être ridicule en faisant des erreurs. Mais voyant leur réaction touchée, je continue. Petit à petit ça revient tout seul. 17 au bac d’espagnol, ça je m’en souviendrai toujours !

Je reste, et je ne sais pas pour combien de temps

Je reste. Je me sens bien dans cette ville. La bonne ambiance à la colloc y est pour beaucoup, le fait que je me sente à l’aise dans mon travail aussi. Ce sont mes deux stabilités ici. Je me suis même inscrite à des cours collectifs d’aquabike. Les profs parlent en espagnol, et je comprend tout. Le fait de les entendre parler pour nous motiver pendant 45 minutes entraine mon oreille à comprendre de plus en plus l’espagnol. Je me surprend même à reprendre certaines de leurs expressions au travail ! Lorsque je rentre dans un magasin, un restaurant, ou même au sport, je parle espagnol et me fait violence pour ne pas switcher en anglais. Même si je suis fatiguée, et que j’ai envie de rester dans ma zone de confort. On pourra dire, ici ils parlent le catalan. C’est un niveau supérieur, je serai déjà fière de moi quand je pourrai mettre Castillan lu-écrit-parlé sur mon CV.

Je me revois la première semaine, sur le point de tout lâcher et de rentrer. Aujourd’hui, tout va bien. Et je n’ai pas envie de repartir. Je ne sais pas combien de temps je resterai. Peut-être un an, ou deux, mais ce qui est sûr c’est que je ne repartirai pas avant de maitriser totalement l’espagnol et de connaitre tous les secrets de Barcelone. Cette ville est incroyable.

Mes proches sont fiers de moi, c’est aussi une belle récompense. Je fais ça pour moi, pour mon avenir, pour ma carrière, mais sans soutient c’est difficile. J’ai la chance d’avoir une famille présente, des amis en or qui me soutiennent, et qui sont contents d’avoir une belle destination de weekend !

J’ai reçu pas mal de messages d’anciens amis du collège/lycée, qui me disaient que j’avais de la chance partir vivre ici. Je l’ai provoquée cette chance. Je l’ai cherché le travail, j’ai travaillé pendant mes études pour être diplômée. La chance que j’ai eu en revanche, c’est de trouver rapidement. Ca c’est certain. Chacun ses projets, ses envies, chacun son rythme. Je n’ai jamais décidé de travailler à l’étranger pour être en compétition avec qui que ce soit. Jusqu’à présent, tout n’a pas toujours été facile. Entre les doutes qu’on peut avoir d’un point de vue professionnel / étudiant, mais aussi les soucis perso, je me suis toujours inquiétée de tout. De ce que les autres pourraient penser, de l’image que je pourrai renvoyer. Aujourd’hui, je ne dis pas que je m’en fiche, parce que ce n’est pas le cas. Mais s’il y a bien une chose que j’ai comprise ces dernières années, c’est que l’on est jamais mieux servi que par soi-même ! Pas besoin d’un fan club pour atteindre ses objectifs, seulement d’une bonne dose de motivation et d’humilité.

On respire un peu, la vie n’est pas une compétition. Je n’ai jamais été aussi heureuse que depuis que je me préoccupe un peu moins de l’avis de la terre entière, mais plutôt de ce qui me plait à moi.

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By Julie

2 Comments

  1. clara

    BRAVISSIMA CHERE JULIE!!!
    TE DESEO TODO LO MEJOR
    BIsous Clara

  2. Mooflo

    J’adore toujours autant ta prose ma cherie, c’est un plaisir de te lire. J’encourage tous les jeunes, etudiants et a la rexherche d’un emploi a lire ton blog! Tu partaGes ton experience, donne des conseils et c’est super! Bravo et continue ma cherie! Ta moo qui est tellement fiere de toi !

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